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Le vélo pour aller au travail : bientôt une prime ?

Le vélo pour aller au travail : bientôt une prime pour vous y encourager ?
Aller au travail en vélo, c’est écologique, ça ne coûte pas cher, mais ça peut-être dangereux, et ça ne rapporte rien. Pourquoi ne pas y aller en transports en commun ? C’est tout aussi efficace pour l’environnement et bien souvent plus rapide. Mais ce n’est pas toujours le cas, surtout en période de grève ! Les entreprises françaises ont pour obligation de rembourser 50% des frais de transports de leurs employés, mais qu’en est-il des courageux qui viennent à vélo ? Rien. Ils n’ont aucune indemnité, c’est pourquoi l’Etat a décidé de se pencher sur la question pour encourager ces hommes et ces femmes qui prennent le guidon pour aller travailler.

La France remonte en selle

Depuis le 2 juin 2014, et ce pour une durée de 6 mois, une vingtaine entreprises volontaires, soit un potentiel de 10 000 salariés, ont décidé d’indemniser leurs employés qui préfèrent le vélo à tout autre mode de transport. A 25 centimes par kilomètre parcouru, cela peut représenter un montant intéressant à la fin du mois, de quoi payer un abonnement téléphonique ou un bon restaurant à deux en fonction de la distance qui sépare leur domicile de leur lieu de travail ! Cette indemnité n’est pas cumulable avec le remboursement de l’abonnement de transports collectifs, sauf s’il est question d’un trajet complémentaire. Si votre entreprise décide de vous faire bénéficier de cette indemnité, vous pouvez alors utiliser votre vélo sur une partie de votre parcours puis prendre le train par exemple. Si l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie), qui mène cette expérimentation, est satisfaite du résultat des travailleurs qui remontent sur la selle, elle pourrait décider d’étendre cette « indemnité kilométrique vélo » à d’autres entreprises, et pourquoi pas celles qui misent sur l’écomobilité ou tout autre alternative green. Actuellement, deux-tiers des employés bénéficiant de l’indemnité font partie de la mutuelle MMA et une autre grande partie des bénéficiaires sont à la Caisse d’épargne.

Une idée venue d’ailleurs

L’Etat français sait repérer une bonne idée lorsqu’il en voit une, et c’est le cas de cette prime. En effet, la France n’est pas le premier pays à offrir cette possibilité aux travailleurs. On se moque souvent d’eux en faisant des blagues plus ou moins fines, et pourtant nous n’avons pas de quoi rire de cette idée de nos amis belges, sinon l’envier. Depuis 1997 la Belgique propose 22 centimes à ses « vélotafeurs » et cette prime aurait permis à 190 000 cyclistes de recevoir 43 millions d’euros en 2013. Il leur suffit de remplir un fichier mensuel avec le nombre de kilomètres parcourus, ce qui leur permet de récupérer une somme bien souvent supérieure au prix de l’entretien de leur vélo. Selon un rapport gouvernemental publié en 2005, la Belgique a vu 3,2% en plus de sa population cycliste reprendre le guidon, pour un total de 9,5%, ce qui ne les satisfait toujours pas mais est encourageant. Les employés qui se déplacent en voiture de société ont encore plus d’avantages que les cyclistes, ce qui ne les incite pas à troquer leur voiture contre un vélo, même électrique. Si une telle mesure venait à être généralisée en France, cela « coûterait 110 millions d’euros d’exonération fiscale, mais pourrait rapporter 572 millions d’euros grâce au bénéfice sanitaire et aux trajets en voiture évités ». (source : Terraco.net )

Aller au travail en vélo pendant les grèves de transports en utilisant les pistes cyclables
Aller au travail en vélo pendant les grèves de transports en utilisant les pistes cyclables

Une initiative qui va être saluée par tous les cyclistes et tous les protecteurs de l’environnement… Et tous ceux qui sont prêts à faire du vélo pour obtenir un petit complément salarial. Il ne faut aucun doute que la mesure annoncée par Frédéric Cuvillier, ministre des transports va faire bondir le marché du cyclisme, du moins nous l’espérons, si l’indemnité est étendue au reste des entreprises françaises. Cependant, pour que cette dernière soit jugée comme utile, le nombre de personnes abandonnant leur voiture et le nombre de personnes choisissant leur vélo doivent évoluer de manière significative.

Le vélo, allié de choc contre la grève des transports

N’oublions pas non plus, que de nombreux français aiment utiliser leur vélo lorsque les transports en commun leur font défaut. C’est ce que fait Mickaël Newton, chargé de communication en région parisienne afin d’arriver à l’heure au travail, tout en évitant les rer ou métros bondés. Bien organisé, il affronte courageusement la circulation parisienne et les rond-points dangereux sur 13km.

« Je ne le ferais pas tous les jours, c’est exceptionnel, et que ça reste exceptionnel ! » dit-il avec le sourire mais essoufflé.
S’il était payé à 25 centimes le kilomètre, sur 13km par trajet, il gagnerait 6,50€ par jour. S’il décidait de le faire tous les jours, il pourrait gagner jusqu’à 140€ ! « Je le fais spontanément pour la prise du vélo, c’est pas tant pour gagner des sous ou économiser » nous dit-il en ajoutant que cela lui permet de faire du sport en allant au travail, « comme ça pas besoin d’en faire dans la semaine ». Même si les beaux jours pourraient l’inciter à prendre son vélo, c’est surtout la grève des transports en commun qui l’y pousse. On espère tout de même que l’indemnité sera étendue, ce serait un beau geste pour l’environnement et pour ceux qui veulent faire des économie et peuvent se permettre d’aller au travail à vélo. Forcément, en costume trois pièces, ce sera plus difficile, même si les banquiers le font !


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